30 novembre 2007
VDV # 8 - Un Tocai Friulano à la Cantina (Venise)
Pour ces huitièmes vendredis du vin le thème choisi par notre Présidente Lisa Roskam est donc de mettre en lumière les cépages autochtones tout en évitant les très connus Cabernet Sauvignon, Sauvignon, Syrah, Pinot noir, ou Chardonnnay.
J’aurai pu, très aisément, m’orienter sur le fabuleux mourvèdre de nos contrées ou le très intéressant carignan lorsqu’il est mené comme il se doit. En fait non, je vais faire d’une pierre deux coups et continuer à profiter de mon périple vénitien pour vous entretenir d’un vin de cépage local, le tocai friulano, dont j’ai fait, las bas, une consommation régulière, soit directement en pichet, et j’en ai gouté ainsi quelques uns plus qu'acceptables, soit en bouteilles cachetées.
Aucun rapport en fait avec le cépage qui donne les liquoreux hongrois. D’après mes recherches sur le net, une fois rentré, il semble que ce cépage se dénomme plus justement : sauvignon vert ou sauvignonasse et que la dénomination Tocai est un poil usurpée. Aucune importance, pour moi je garderai longtemps le souvenir de mes premiers Tocai vénitiens. Question de contexte peut-être.
Je n’ai hélas pas de référence a donner, je n’ai rien noté. Par contre j’ai une adresse, un bar à vin ou nous avons adoré passer du temps, en buvant notre tocai donc, tout en se régalant de quelques huîtres ou de jambon très finement découpé avec une machine manuelle mais de compétition. Impressionnant de finesse la coupe de ce jambon.
Ce bar a vin vénitien s’appelle «La cantina». D’ailleurs cantina, ça veut dire bar à vin et pas cantine, quoi que cette cantina là était bien devenue la nôtre, à deux pas de notre B&B, sur la strada Nuova, une artère très animée, juste derrière la Ca d’Oro.
J’y ai également dégusté un Barrolo à 8 euros le verre, un autre cépage autochtone pour le coup (le Nebbiolo), mais trop animal à mon goût et surtout servi trop chaud, ce qui est trop souvent le cas dans ce genre d’endroit pour les rouges. Nous sommes donc restés sur notre tocai, qui a plus qu’agréablement agrémenté notre séjour. Ca n’est pas un vin ambitieux, mais je l’ai trouvé, ici, vif, minéral et remarquablement équilibré, avec une trés légère pointe de gras, et s’associant parfaitement aux huîtres. Ce Tocai de la cantina était plein de fraîcheur, sans aucune agressivité. Nous avons vraiment beaucoup apprécié. Ah oui, la cantina le propose à 2.60 euros le verre, putôt bien servi.
29 novembre 2007
Casa del parmigiano (Venise)
La casa del parmigiano se trouve a deux pas du marché du Rialto et fait vraiment très envie. J’en avais entendu parler et nous sommes tombé dessus par hasard. Quelques autochtones y faisaient leurs courses et nous n’avons pas longtemps hésité à leur emboîter le pas. Résultat des courses : du parmesan évidemment mais aussi du pecorino romano, 500 grammes de riz carnoli et surtout une petite fiole d’aceto balsamico de 15 ans d’âge de chez Cavedoni. Le 30 ans était vraiment hors de prix.
A ce stade de vieillissement nous n’avons plus affaire à du vinaigre mais à un condiment. Plus il est vieux et moins il doit être acide. Il parait que c'est très bon sur une fine lamelle de parmesan mais aussi pour accompagner une glace à la vanille. C’est d’ailleurs la première fois que j’achète un tel produit et que je vais enfin savoir de quoi il en retourne. Ceci étant, j’ai beau tourner ma fiole de 100 ml dans tous les sens, je ne vois aucune indication d’âge. Peut être quelque chose m’échappe.
Et plutôt que de faire mon intelligent je préfère vous envoyer lire directement les explications d’un vrai connaisseur du balsamico.
Venise n’est pas la région de production de cette chose, pas plus que du parmesan d’ailleurs mais l’occasion a fait le larron. Nous avons acheté au hasard, à l'aveugle, sans rien savoir de la qualité du riz ou du balsamico. Peut être que Mike nous apportera quelques lumières sur ces produits ou leurs producteurs dont je vous ai donné les liens en début de post. Pour l’instant je n’ose pas ouvrir la fiole ! Le parmesan en tout cas a été délicieux.
Casa del parmigiano
Erberia Rialto, San Polo, 214-215
28 novembre 2007
Clins d’œil vénitiens
Le premier pour Mike, avec ces deux «cadavres» dans la vitrine d’un bar à vin : un Gaja, très connu et un Tommasi… Hummmm. Le deuxième cliché représente la façade du restaurant voisin de la Fenice. J’avais bien aimé et je n’avais pas remarqué au moment de la prise de vue, ces deux messieurs, chics, regardant avec envie le passage de cette belle italienne. Nous n’avons malheureusement pas eu le temps de visiter la Fenice, ou d’y voir un spectacle, ni de regarder la carte du restaurant. Il faudra vraiment revenir…
27 novembre 2007
Burano, Torcello e risotto
En étant à Venise nous avons bien évidemment pris le vaporetto pour une virée dans les îles. Nous avons commencé par Murano. Je n’ai pas aimé. Nous avions pourtant énormément apprécié dans Venise des réalisations en verre, notamment celles, modernes, de Marina e Susanna Sent. Ici ça sent l’attrape touriste, aucun charme particulier… Bof. Burano par contre, même si la dentelle ne m’émeut pas vraiment, est bien plus intéressante avec ses petites maisons aux couleurs vives et variées qui offrent un panorama assez unique.
Et c’est à Burano que nous avons déjeuné, à la Tratorria Da Romano. Je m'y suis régalé d’un risotto, le risotto traditionnel de la maison, à la fois simplissime et sublime. Le garçon nous a expliqué que le bouillon était préparé avec de petits poissons (dont j’ai oublié le nom) de la lagune. Visiblement ils ne mettent que très peu de parmesan. Et je reviens de la-bas convaincu que diminuer la quantité de parmesan est un impératif pour la réalisation d’un excellent risotto ; dans la mesure évidemment où le bouillon est à la hauteur de l'attente et de l'ambition… Bref, ici chez Da Romano, un risotto inoubliable, digne d’un étoilé Michelin. Je l’ai fait suivre de deux petites soles. C’est simple, ça n’est "que" du produit, et c’est bon. Nous garderons un excellent souvenir de cette table, sans doute la meilleure de notre séjour. Mais l’île qui m’a le plus scotché, ému, et enthousiasmé c’est Torcello, au milieu de nulle part, déserte et sauvage. Bon, c’est tout de même un cran en dessous de Beauduc, mais quand même !
Vous y trouverez la locanda cipriani, une table visiblement réputée dans le coin et que nous tenterons peut être la prochaine fois. Encore que j’ai quelques réticences, car si j’ai bien tout suivi, le patron est le même que celui du bar mythique de Venise, le Harry’s Bar et qui n’est rien d’autre à l’heure actuelle qu’un énorme attrape touristes. Mais à Torcello vous trouverez surtout une église absolument extraordinaire, époustouflante qui date de 639. Rien que ça ! Sans doute une de nos plus grandes émotions de ce voyage inoubliable. Et à Torcello, vous avez même un coin de vigne, un clos, juste à côté de l’église. Mais je ne sais pas ce qu’ils en font…
Venise (III)
26 novembre 2007
Moeche
Je continue mon périple vénitien en rebondissant sur le commentaire laissé par Maloud sur le post précédent. Le Moeche, véritable spécialité gastronomique vénitienne, est un petit crabe qui mue deux fois par an, au printemps et à l’automne. A ce moment, ayant perdu sa carapace, il se trouve tout mou et c’est ainsi qu’il est pané (j’aurai même tendance à dire, simplement frit) et qu’on le déguste entier. C’est absolument délicieux. Par contre ça n’est pas forcément à la carte des restaurants, ou plutôt des trattorias ou nous allions. Il ne faut donc pas hésiter à demander directement au restaurateur s'il a ou non des moeche. Et je ne sais pas s’il faut un s au pluriel de moeche… j'ai bien l'impression que non... (eh bien non, pas de s au pluriel italien...) Le moeche doit être d’ailleurs assez rare, même en saison, puisqu’en parcourant le marché du Rialto je n’ai trouvé qu’un seul poissonnier qui le proposait. Il paraît que ceux pêchés au printemps sont meilleurs que ceux de l’automne. Le problème n’est donc pas cornélien. Nous allons être obligés de retourner à Venise au printemps pour un test comparatif de moeche… Et une photographie pour terminer... un pêcheur de moeche ?
Venise (II)
Le marché au poisson du Rialto et livraison du caviste local...
Je reviendrai rapidement sur une spécialité locale que j'ai adoré : les Moeches...
25 novembre 2007
Venise (I)
Donc Venise… par ou commencer ? Voyons… pas facile. Je vais commencer par le début en fait. Ca m’évitera de trop réfléchir, juste avant la reprise. Donc Venise, nous embarquons via Ryanair, aéroport de Girona, la ville du Celler de Can Roca, mais ça n’a aucun rapport. Déjà je m’égare. Donc Girona – Venezia via Ryanair c’est 45 euros par personne aller-retour. A ce prix pas la peine de se priver.
J’avais entendu dire beaucoup de choses sur Venise, des très positives par mon ami Pierre qui y va deux ou trois fois par an et qui parle couramment l’Italien. J’avais évidemment d’autres échos moins réjouissants : les prix, une gastronomie chère et quelconque, des hordes de touristes. Si je n’avais pas de doute sur la richesse patrimoniale et culturelle de la ville je nourrissais tout de même quelques doutes sur l’ambiance. Pour toutes ces raisons nous avons choisi fin novembre avec le risque d’un soleil plus rare, une possible aqua alta, mais avec l’espoir d’éviter la foule de la haute saison. J’ai une sainte horreur de faire la queue… J’avais tout de même quelques craintes, et même si j’étais bien décidé a éviter à tout prix le tour de gondole je craignais un peu de trouver une sorte d’immense parc à touriste un peu surfait, voire à la dérive ou suranné.
Eh bien pas du tout. Le bonheur, immense, aura été d’avoir découvert une vraie ville, qui vit, avec de vrai gens, qui travaillent, sortent (moins qu’en Espagne tout de même) et ont une vie tout à fait normale. Quant à la beauté de la ville, elle est tout simplement et totalement jouissive.
Une fois sacrifié au passage du Rialto et de la Piazza San Marco, pas très fréquentés d’ailleurs, et plus agréable le soir pour cette dernière, ce sont majoritairement des italiens et des locaux que nous avons côtoyés. Et j’ai aimé, j’ai adoré m’enfoncer dans ces rues, m’y perdre, un peu, et m’émerveiller très souvent. La photo du post précédent a d’ailleurs été prise alors que nous étions égarés et au moment où nous avons retrouvé des chemins plus traditionnels.
Côté gastronomie, j’y reviendrai plus longuement, nous avons bien mangé, des produits de la mer, frais, mais globalement chers. Une entrée et un plat accompagnés du pichet de blanc de la maison ont été notre quotidien mais pas à moins de 30 ou 40 euros par personne. L’ensemble des trattorias fréquentées nous ont proposé des choses simples, classiques, et parfois délicieuse comme ce risotto traditionnel de la trattoria da Romano à Burano, absolument divin.
Ceci étant nous n’avons pas eu de véritable et émotion gastronomique, plutôt le plaisir simple de produits frais et de la mer. C’est déjà quelque chose. Il faut dire que vu les prix j’ai évité le Da Fiore (une étoile Michelin et les endroits réputés). Ah… le logement… Nous étions juste derrière la Ca d’Oro, à deux pas, calle Zotti, dans un quartier vivant, peu fréquenté par les touristes à cette période de l’année et très vivant. Vivre et dormir dans le cœur de la ville a été quelque chose de très appréciable. Je n’aurai pas imaginé faire tous les jours le trajet Mestre - piazzale Roma. Il a été extrêmement agréable de pouvoir ainsi s’immerger dans le cœur des cette ville extraordinaire, sans voiture pendant près d’une semaine. Je vous laisse ici les coordonnées de ce B&B très abordable et totalement refait. A conseiller sans aucune hésitation. Seul bémol, les chambres sont mal insonorisées. A suivre évidemment. On reprend les bonnes habitudes et on clique sur les photos...
24 novembre 2007
Retour de Venise
Pas trop sur le blog en ce moment. La tête ailleurs et pas uniquement. Pas envie de cuisiner en fait. Par contre, une petite escapade à Venise. Je vous en parlerai bien sûr. La ville en hiver nous a séduit, et plus que ça. Nous nous en sommes ennivré, sans modération évidemment.
11 novembre 2007
Château Latour 1989 (Rouge)
Ca y est, ça sent vraiment l’hiver chez nous. Et hier j’ai pu m’en apercevoir en arpentant quelques vignes des Corbières, pas très loin de l’excellentissime table de Gilles Goujon à Fontjoncouse. Mais ça, ce sera pour une autre fois. Le froid aidant ce sont les plats d’hiver qui commencent à être d’actualité. Quelques perdreaux en l’occurrence, en cocotte, avec du chou, des carottes.
Pour accompagner ces volatiles Espagnols chassés du côté d’Albacete, un seigneur Français, un Château Latour 1989. Evidemment l’étiquette seule en impose, fait baver, rêver et même fantasmer. Il est évidemment qu’à ce niveau de prestige l’attente est grande.
La robe indique un âge déjà respectable sans laisser penser cependant que l’on approche les vingt ans. Une évolution, mais pas le moindre signe de fatigue. Et c’est en bouche que c’est encore plus étonnant, que ce seigneur fait preuve d’une insolente jeunesse. Il est tout simplement hallucinant de constater à quel point le temps a eu peu de prise sur ce breuvage. Nous sommes certes sur des arômes de vin évolué mais des arômes nobles, élégants, aucune odeur désagréable du style "cul de la bécasse". Le vin est un poil austère, long en bouche, d’une finesse et d’une élégance folles. Mon hôte, généreux, trouve que ça frôle la perfection mais que ça manque de complexité. Et c’est là, au bout du compte, que le bas blesse. Ce vin quoique quasi parfait n’étonne pas, si ce n’est par sa structure, sa jeunesse. Il n’émeut pas. C’est difficile à avouer mais malgré tout je n’ai pas eu de véritable émotion en le dégustant. Je n’ai évidemment pas l’habitude de goûter ce genre de flacon, aussi vieux et il est donc délicat de porter un jugement. Ceci étant je garde un souvenir beaucoup plus inoubliable de très vieux flacons (plus de vingt ans) dégustés en compagnie de René Rostaing, un autre grand vigneron, en Côte Rôtie celui-la. Pour ce Latour, je me demande quelles auraient été les réactions sur une dégustation à l'aveugle... je vous laisse avec les vignes des Corbières. De vieux grenaches je crois.
PS – je vous livre, ici, le commentaire d’Eric, très éclairant.
J'ai bu la semaine dernière un Lynch Bages 89, au profil assez proche: jeunesse insolente, belle dynamique en bouche, tannins polis ... Bref, frôlant la perfection. Mais comme tu le dis, il manquait un p'tit quelque chose ;o) François Audouze te dirait que 89, c'est un bébé, et qu'il sera sans doute meilleur dans 20 ou 30 ans. Et je veux bien le croire. Les vins de 40-50 ans (voire plus), lorsqu'ils ont le potentiel de garde et sont issus de grands millésimes ont une autre dimension.
















