04 septembre 2007
Luis Pato
Luis Pato est une figure emblématique du monde viticole portugais. Il est considéré comme la locomotive des vins de l’appellation Beiras dans la région de Bairrada à une soixantaine de kilomètres au sud de Porto. Ce qui est très intéressant à priori dans la démarche de Pato c’est qu’il utilise un cepage autochtone le Baga sans vouloir faire appel à des cépages plus internationnaux. J’avais déjà gouté quelques vins de l’appelation Bairrada mais jamais de Pato. Le Baga donne des vins assez rustiques, durs, voire ingrats dans leur jeunesse et qui demandent du temps pour se faire. J’étais donc très content de me rendre sur place pour découvrir ce domaine phare. Nous prenons rendez-vous par téléphone avec Sara Rodrigues e Matosqui, absolument délicieuse, qui nous recevra. Elle nous indique que la visite est gratuite mais que le dégustation est payante : 10 euros. Pas de problème. Ca ne me choque pas sur le principe. Pourquoi pas. Dans notre vallée du Rhone ou en Languedoc je ne crois pas que la chose se pratique mais dans le bordelais, chez les grands ça se fait.
Nous nous présentons à l’heure. Sara nous explique la philosophie du boss, la difficulté du cépage baga aux rendements difficiles à controler. Petit tour des installations, on nous montre la cave personnelle du Boss... pourquoi pas… et on déguste… trois verres (Riedel tout de même !) :
Un espumante rosé à base de cépage baga, anecdotique.
Un blanc, cépage autochtone également : le Maria Gomes, fruité, agréable mais assez plat.
Et enfin un rouge : Villes Vignes 2005. L’année est parait-il exceptionnelle. C’est du pur Baga donc. Les tannins sont très soyeux, le boisé élégant mais trop marqué à mon goût. C’est très bon mais j’ai plus l’impression d’avoir affaire à un vin international qu’à quelque chose de très particulier. J’en ai pris trois bouteilles néanmoins pour voir dans quelques années l’évolution du truc.
Il existe également une cuvée, très rare et donc… issue de vignes pré-phylloxériques.
Vous aurez compris que je n’ai pas été particulièrement enchanté par cette visite. Nous étions dans un cadre trop formel, trop encadré, très loin, par exemple, de ce que nous avions vécu à la Quinta do Infantado. Heureusement que Sara est des plus agréable. D’ailleurs nous avons discuté quasiment deux heures. Ca va que nous sommes voisins. Mais je ne m’imagine pas amener des amateurs Français vivant à 1500 kms de là pour une dégustation aussi limitée.
30 août 2007
Deu la Deu - 2005 (Blanc)
Lorsque je découvre un vin espagnol ou portugais, généralement inconnus chez nous, je m’en vais fouiner du coté de verema pour voir ce qu’il s’en dit.
Visiblement je ne suis pas le seul à m’être satisfait de cet Alvarinho 2005. Morceaux choisis.
Un premier avis :
Vista: Amarillo pajizo, brillante. Algunas burbujas de carbonico.
Nariz: El carbonico se nota tambien en la nariz, pero no oculta una buena carga frutal, sobre todo de fruta tropical.
Boca: Elegante, untuoso, con la acidez justa para dar frescura y no ocultar un cuerpo y una complejidad que llena la boca. Muy frutal, con la fruta tropical por delante y con recuerdos a citricos en el retrogusto. Persistente.
Vino largo y frutal, nada que envidiar a los albariños españoles y con mejor RCP
Mais encore :
no excento de elegancia. Grueso y maduro, concentrado, lleno de fruta exótica almibarada arropada por una intensa acidez, freco, redondo, muy sabroso, final largo y levemente especiado. PVP: 6 euros aprox. Necesita su tiempo para ir mostrándose.
Et on continu :
Color amarillo cetrino con reflejos verdosos. Buena nariz con predominio de la fruta madura (melocoton, albaricoque)con notas de piña, maracuya y azahar. En boca es muy frutal con muy buen equilibrio y acidez. El final largo un puntito seco para mi gusto. De los mejores vinhos verdes que he probado…
Et pour conclure :
En boca es muy franco, paso de boca muy agradable, fresco, sabroso y frutal, recuerdos de manzana, cítricos e hierbas, final largo y sobre todo muy persistente.
Buena RCP, ya que cuesta sobre los 6 €, el corcho un 7.
Este es el vino que quedo 2º (detras de otro portugués), en el encuentro de Albariños entre España y Portugal, como serían los Españoles.
Hors sujet (III) - contrastes Portugais
Aveiro, rustique, et l'ultramoderne Casa da Musica à Porto. Evidemment on clique sur la photo...
29 août 2007
Bull & Bear (Porto)
Le Bull & Bear est un des restaurants les plus en vue de Porto et du Portugal. Il n’a pas d’étoile au Michelin mais est mis en avant sur le site internet du célèbre guide rouge de la manière suivante : «Miguel Castro e Silva est l'un des trois ou quatre plus grands chefs portugais d'aujourd'hui. Son restaurant, le Bull & Bear, est le premier établissement gastronomique à proposer un menu dégustation au Portugal. Miguel est un défenseur passionné de la cuisine et des produits de son pays, notamment les poissons qu'il considère comme étant "les meilleurs du monde". Cet artiste proche d'Olivier Roellinger (à Cancale) et d'Antoine Westermann (à Strasbourg) est comme eux un chercheur qui tend vers un maximum de saveurs, de précision et de légèreté, à l'image de son carpaccio de bar, de son rizotto de poulpes, de sa morue cuite à 80 degrés, de son pied de cochon à la coriandre fraîche ou de sa soupe de melon au citron vert».
Nous n’avions jamais eu l’occasion de réserver cette table souvent fermée à l’époque où nous allons à Porto. Mais cette fois-ci ce fut possible. Je n’ai découvert le texte du Michelin ci-dessus qu’à notre retour de voyage en cherchant des photos du restaurant. Si je l’avais lu avant…
Nous avons passé un excellent moment. Maintenant il m’est difficile d’imaginer comment serait considérée chez nous cette table, désignée ici comme l’une des meilleurs du pays. Je vais essayer de m’en expliquer.
Tout d’abord nous n’avons pas voulu prendre le menu dégustation proposé à 50 euros, préférant choisir, à la carte parmi les plats présentés comme les classiques du chef.
Entrée
J’ai pris une trilogie de poissons : Saint-Jacques cuites agrémentées avec une sauce aigre douce à base de sauce soja. Un Thon rouge style tataki avec une sauce semblable. Un poisson blanc (j’ai oublié quoi, la honte….) cru et mariné avec quelques herbes hachées très finement. Ce dernier absolument remarquable. C’est très bon, les produits excellents. Ceci étant, aucune trace pour moi d’inventivité. Ca ne me change pas vraiment de ce que je connais. Ah oui, le tout accompagné d’un petit monticule de salade…
Plat
Deux énormes gambas tigre. Ils sont accompagnés d’une sorte de … mie de pain… (migas ?) imprégnée de jus de poisson, style soupe, et dans laquelle je découvre des queues de gambas déjà décortiquées. C’est très bon. La encore le produit est de première qualité. Manuela m’explique qu’il s’agit d’une spécialité Portugaise revisitée car habituellement servie sans les gambas… Le plat est copieux, très bon, et même trop copieux en ce qui concerne les «migas». Je ne pense pas d’ailleurs que ce soit des migas. C’est plus léger, plus aérien. La présentation dans l’assiette est quelconque. Manuela me re-balance que c’est de la cuisine traditionnelle revisitée et améliorée.
Pour Manuela : un pavé de bacalhau surmonté d’un croustillant d’olives noires et accompagné d’un jus vert de… de… manuela ? J’ai gouté et c’était très bon, excellent même.
Dessert
toucinho do céu avec un sorbet. La aussi un dessert traditionnel modernisé. Très bon.
Fromage
Nous avons terminé par un fromage de la montagne avec une confiture de tomate. Très bien.
Nous avons bu un Alvarinho plus minéral et moins gras que le «Deu la Deu».
Budget pour deux, vins et café compris : 120 euros. Je suppose que pour le Portugal c’est très cher. Pour nous le rapport qualité prix est correct et même bon car par exemple les gambas tigre ça coûte un bras !
Je suis mitigé car bien qu’ayant passé un très bon moment j’ai été assez perturbé par plusieurs choses dues essentiellement au fait que cette table est présentée comme un haut lieu de la gastronomie moderne portugaise.
Cela a beau être une cuisine traditionnelle revisitée, ça reste tout de même très classique pour nous Français. Peut être me faudra-t-il essayer d’autres plats. Je me dis que si ce lieu est à l’avant-garde de la création culinaire au Portugal ils sont encore loin de ce qui a pu être réalisé en Espagne, et ceci dit, sans aller jusqu’à Adria. Mais je suis d’accord avec le Michelin : saveurs et légèreté. Une cuisine nette et généreuse. Et vraiment rien à dire sur les produits de très grande qualité.
Une curiosité, il n’y a pas de sommelier ! Ou alors il était encore en vacances. Et c’est le chef en personne, d’une extrême gentillesse, qui est venu discuter avec moi de ce que nous allions boire en prenant le temps de me parler des vins présentés à sa carte.
La carte est assez courte et sans les monstres que l’on peut s’attendre à trouver dans ce genre d’endroit. Pas de Vale Meaõ, pas de Redoma de Niepoort… J’étais pourtant venu avec la ferme intention de péter un truc ! Ceci étant il y a de quoi faire.
Voilà. Difficile en fait pour moi de vous parler de cet endroit. J’ai été perturbé plus par le contexte et la renommée que par la qualité de la cuisine à vrai dire. Nous y retournerons sans la moindre hésitation, ne serais-ce que pour tenter le bacalhau à 80°…
Sans doute Maloud, qui connaît bien les restaurants français pourra nous donner un avis plus éclairé que le mien sur la question.
Bull & Bear
Avenida da Boavista, 3431 r/c
Tel 226 107 669
Garrafeira Alberto Augusto - Porto
Augusto c’est mon caviste à Porto. Eh oui, j’ai un caviste à Porto moi Môôsieur ! Je l’avais trouvé en fouinant sur le net je crois, il y a déjà quelques années. La Garraferia Augusto se trouve, rua do paseio alegre (à ne pas confondre avec campo alegre), juste devant le jardin du paseio alegre et donc face à l’embouchure du Douro, en prenant la direction de Foz. La première salle est minuscule, mais de grands escaliers nous amènent au sous-sol dans une véritable caverne d’Ali Baba. C’est simple, ils ont tout, même des Yquem, des Don Pérignon et les plus grands français. Mais ça n’est pas ce que nous cherchons ici. Les propriétaires, qui ont un âge déjà avancé, exposent également une partie de leur collection privée, de très vieux vintages évidemment, mais également une impressionnante verticale de Barca Velha, le rouge mythique du Douro. C’est un peu leur Vega Sicilia. Ils ont tout, il suffit de demander : Les Redoma ou Batuta de chez Niepoort, l’incontournable Quinta do Vale Meaõ (imprononçable mais très buvable !), Quinta do Crastro, les vins de la casa Ferreirinha. Les grands vins portugais sont à un niveau de prix conséquent : 50 euros pour Vale Meaõ, 75 pour Batuta, 125 euros pour Barca Velha, 30-40 euros un Quinta da leda. Par contre et contrairement à chez nous les grands Portos y sont plus abordables. J’ai ramené quelques trucs, dont je vous parlerai au fur et à mesure de leurs dégustations. C’est évidemment ici que j’ai retrouvé l’alvarinho «Deu la Deu» dégusté chez A Barca. Je l’ai payé 7 euros et pour Alberto Augusto c’est ce qui se fait de mieux en la matière actuellement. Bref, si vous allez à Porto, pas la peine de vous compliquer la vie : Garrafeira Augusto. Rua do passeio alegre. Tel : 919 802 381
28 août 2007
A Barca
Aveiro est une ville côtière à une soixantaine de kilomètres au sud de Porto. Le hasard fait que Mike Tommasi y a ses habitudes. C’est donc lui qui m’y a indiqué le restaurant "A Barca", soit la barque ou le bateau. "A Barca", c’est le genre d’endroit où l'on passe devant sans s’arrêter, un peu comme Rafa’s à Rosas. Et le bonheur de A Barca ce sont les produits, les almeijas (Palourdes) grosses et pleines, et les poissons, Turbots, Soles, etc.
La salle est toute petite, minuscule. Je me demande même comment ils font pour y caser la trentaine de couverts qu’elle peut accueillir. Il est d’ailleurs conseillé de réserver et donc de parler un minimum le portugais je suppose. Les produits y sont cuisinés de la plus simple des manières, à la plancha et servis avec des pommes de terre. C’est évidemment très abordable pour nous Français : 25 euros environ vin compris.
Justement, en matière vineuse et bien que n’étant pas passionné par le Vinho Verde, je me suis laissé tenté par un alvarinho : «Deu la Deu» millésime 2005. Il faut dire que j’ai quelques bons souvenirs du cépage Albariño utilisé dans les vins espagnols de Rias Baixas. Ici, cet alvarinho portugais est le vin le plus cher de la carte : 16 euros. Pensez donc ! Soyons fous et risquons nous. Et bien ce fut la très bonne surprise. On devine des raisins cueillis bien mûrs, le nez est extrêmement agréable, citronné, et un poil miellé. La chose titre 13°, n’est pas d’une ampleur démesurée, d’une ambition hors du commun mais elle se boit toute seule. J’ai été surpris par le gras que j’y ai trouvé. Ca aura été ma découverte de ces vacances. Il paraît que le millésime 2005 a été très bon au Portugal. J’ai retrouvé ce vin chez un caviste au prix de 7 euros mais sur le millésime 2006. J’en ai ramené quelques unes et j’espère qu’elles seront à la hauteur du 2005.
A Barca
Rua José Rabumba, 5
Aveiro.
Tel : 234 426 024
27 août 2007
Noval
Le manège est incessant et à la vérité assez amusant. Si vous avez l’occasion de vous promener sur les quais de Vila Nova de Gaia il vous sera difficile d’ignorer la maison Sandeman, imposante, propre, respirant la prospérité et dominant le panorama local avec son immense terrasse. Je dois vous avouer ne m’y être jamais attablé. Il faut dire qu’à environ cinq mètres soixante quinze de là se trouve un autre bâtiment, plus modeste, discret même, comme en retrait. Il faut vraiment lever la tête pour apercevoir en haut de la façade l’enseigne de la maison ou être très attentif à cette plaque de granit sur laquelle est apposé en fer noir et de façon extrêmement discrète : Quinta do Noval – Vinhos SA. Invariablement et régulièrement la masse des touristes, nombreux ici, passent devant la devanture très sobre de la maison Noval, jette un œil, un brin compatissant, avant de lancer immanquablement : «bof», «c’est pas terrible ici», «allons plus loin», «ça me plait pas», «ça ne me dit rien», etc. etc.
Je le sais, car nous avons pour habitude avec Manuela de nous attabler chez Noval pour y déguster quelques vins. Nous nous y sentons bien. La maison offre systématiquement, et donc gratuitement, la dégustation de trois verres : un blanc, un tawny et un ruby qui peut être un LBV ou un LB.
Mais c’est surtout la carte des bouteilles que l’on peut acheter ou déguster sur place qui est intéressante et même passionnante. Cette fois ci nous nous sommes régalés d’un blanc demi sec, au verre, et d’un inoubliable Colheita de 1974 (40 ou 50 euros la demie bouteille) à la finesse et à l’équilibre enthousiasmant. Un grand plaisir. La carte propose également de nombreux millésimes de vintages, tant en ce qui concerna la cuvée classique, que le nacional vintage, issu de vignes pré phylloxériques et donc non greffées. Pour ce dernier comptez néanmoins entre 300 et 2.400 euros la bouteille.
27 juin 2007
Mon premier Vintage
Me pencher sur ces verres à porto a fait remonter à ma mémoire le souvenir de mon premier vintage. C’était il y a quelques années, sans doute 1998 ou 1999. Ca n’est pas si vieux non plus. Martin et Marisa, un couple d’amis espagnols, nous avaient rejoint à Porto et nous les avions amené au Solar. Curieusement l’endroit est très bien indiqué lorsqu’on arrive en ville mais peu fréquenté. Je n’y ai jamais trouvé foule. Ca n'est pas plus mal.
Je ne me rappelle ni de la marque du vin ni de son millésime, seulement que la chose était âgée d’une bonne vingtaine d’années. L'ouverture du flacon avait été tout un sérémonial, son décantage, les explications du sommelier... Ce fut un choc. Et déguster cette merveille dans ce cadre des plus accueillant tout en profitant du coucher de soleil sur l’embouchure du Douro et sur les caves de Vila Nova restera un souvenir totalement inoubliable.
Si vous avez l’occasion de visiter Porto, le Solar est un endroit absolument incontournable. Depuis quelques temps ils proposent un vintage au verre. Ce qui évite l’achat d’une bouteille lorsqu’on est en couple. La dernière fois ca avait été un Churchill’s 1997, absolument fabuleux. En fouinant sur google j’ai trouvé ces deux clichés du solar et notamment la salle ou nous avons l’habitude de flâner, déguster, et refaire le monde. Je les ai trouvés ICI.
13 novembre 2006
Quinta do Passadouro.
Un des charmes de la vallée du Douro est qu’elle ne subit pas, pour le moment, les affres liées au tourisme de masse. Le revers de la médaille, si tant est que ça en soit un, est la difficulté de s’y loger. Il y a bien évidemment le Vintage House Hôtel à Pinhão, somptueux, au style anglais, à la carte des vins aussi longue que prestigieuse mais les chambres y sont chères. Vous pouvez toutefois y manger très correctement et boire très bon pour un prix raisonnable. 
Pour dormir le mieux est de se tourner vers le tourisme rural même s’il n’est pas aisé de trouver chaussure à son pied.
Parmis diverses possibilités, une quinta, et pas n’importe laquelle, propose quelques chambres. Il s’agit de la quinta do passadouro. Si ça n’est pas n’importe quelle quinta c’est tout simplement qu’il s’agit d’une single quinta de la famille Niepoort, un de vignerons les plus prestigieux de cette passionnante vallée du Douro à défaut d’être l’un des plus médiatique.
10 novembre 2006
Quinta do Infantado.
Pour l’amateur de vin, sillonner les routes tortueuses et escarpées de la vallée du Douro revient un peu à faire du lèche vitrine… de luxe. Ca et là, au milieu des coteaux, comme chez nous en Rhône Nord, s’affichent fièrement les grandes marques, Noval, Fonseca, Churchill's, etc…
A l’opposé de ce bouillonnement une maison pourtant très prisée, la Quinta do Infantado, de João Roseira reste très discrète. Il faut prendre rendez-vous avant de s’y présenter, puis en deviner les chemins et se perdre un peu avant de toucher au graal. Ceux qui ont un jour cherché la pancarte indiquant Château Rayas comprendront ce que je veux dire. Avec cette nuance de taille qu’ici il y a du vin à vendre.
Pour le très sérieux elmundovino.com (section vin du quotidien espagnol El Mundo) la Quinta do Infantado est João Roseira, et João Roseira est la Quinta do Infantado : c'est-à-dire l’essence du vin de Porto de quinta. Ce domaine a tout d’un domaine culte et fait incontestablement partie des plus grandes –qualitativement- des petites propriétés du Douro.
En deux lignes, tout est dit, ou presque, car une plongée dans l’univers de João Roseira est une plongée dans un monde attachant, passionnant, complexe, dont on ne se lasse pas de découvrir la diversité et les subtilités.
Le premier contact est téléphonique. João Roseira, himself, se confond en excuses. Il ne pourra pas nous recevoir personnellement pour cause de vacances mais nous mettra en contact avec Fátima Ribas son maître de chai qui sera chargée de nous faire découvrir le domaine.
Une visite dans une grande maison du Douro est souvent limitée à la dégustation assez rapide de deux ou trois vins type, un ruby un tawny et parfois un LBV ou Vintage Character voire vintage dans certains cas.
Ici rien de tout ça. Fatima, tout d’abord curieuse, nous demande comment nous avons bien pu atterrir la et une fois la température prise c’est la plongée dans l’univers de João Roseira. C'est-à-dire trois heures très intenses de visite et de dégustation.
La quinta do infantado pratique l’agriculture biologique voire même la biodynamie mais sans pour autant le revendiquer ou en faire un argument commercial. Elle a, en outre, été la première quinta à embouteiller au domaine (depuis 1979) en se dispensant d’amener sa production à Villa Nova de Gaia. Il leur a pour cela fallut lutter pour faire changer la loi ce qui fut fait en 1986. La totalité du vignoble est classé en catégorie A, soit la plus qualitative. Côté vinification João Roseira travaille pour produire des vins moins sucrés, plus vineux que les portos traditionnels ce qui se traduit par des vins de terroir absolument incomparables. 
Les portos de la Quinta do Infantado sont donc assez secs et présentent un côté très vineux. Le vintage 1997 dégusté fin octobre a confirmé ces caractéristiques et nous a procuré une immense émotion malgré son jeune age. Puissance et finesse se combinent avec équilibre et fraîcheur. Oui, oui, fraîcheur, malgré les 19,5° annoncés sur l'étiquette. Nous sommes bien en présence d'un grand vin, d'une incroyable longueur en bouche.
De la bombe ! comme l’annonce fièrement le caviste de la cave des Arceaux à Montpellier qui distribue le divin breuvage.
Cette après-midi en compagnie de Fatima Ribes restera mémorable. Qu'elle en soit ici remerciée. Nous n'étions pas dans le cadre chronométré et commercial de trop de visites habituelles. Nous étions chez un vigneron et un grand qui nous a ouvert la totalité de sa gamme en commençant par les rouges secs, aux vieux tawny en passant par les LBV, vintage 2000, vintage 2003 en cours d’élevage, sans oublier un surprenant Vintage Character très apprécié par la gente féminine. Les LBV ici ne sont pas filtrés. Ils sont produits les années ne permettant pas de déclaration de vintage. Ils sont donc vinifiés et taillés pour la garde contrairement aux idées reçus.
Si vous faites étape à Porto, vous l’aurez compris, ce domaine est incontournable.








