Méli-Mélo Gastronomique

Bric a brac gastronomique

30 novembre 2006

Desproges.

Ce matin encore, j'ai été frappé par cette incompréhension réciproque entre les humains et moi. J'étais allé avec ma femme acheter quelques bouteilles de vins au cœur du vieux Bercy, chez un petit négociant qui vous fait goûter ses crus avec un quignon de pain et une rondelle de saucisson. D'ailleurs, je ne comprends pas qu'on achète du vin sans l'avoir goûté au préalable. Il ne viendrait à personne l'idée d'acheter un pantalon sans l'essayer avant. Alors, Dieu me tire-bouchonne, ne refusez pas à votre bouche ce que vous accordez à vos fesses.

Pierre DESPROGES.    Etonnant.... non ?

J'ai trouvé ce passage sur le blog "Parlons bien parlons vin". Je vous engage à aller y Lire la suite...

Posté par Bacalao à 06:08 - Citations - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

28 novembre 2006

Clos Marie

clos_marieSamedi 25 novembre 2006, visite chez Christophe Peyrus, vigneron à Lauret. Nous sommes en appellation Coteaux du Languedoc sur le terroir du Pic Saint Loup. Christophe Peyrus est une des figures de proue de l’appellation avec le château de Cazeneuve ou le Mas Mortiès. Issu d’une famille paysanne de Cahors, et après 8 années dans la marine, il jette l’encre à Lauret en 1992, pour y créer un domaine qui se composera au final de 24 hectares en production (une vingtaine à l'heure actuelle). Son premier millésime date de 1994. La syrah et le grenache sont les principaux cépages, pierres de voutes des cuvées phares que sont «Simon» ou «Les métairies du Clos». On trouve en quantité plus limitée du mourvèdre et du Carignan. Le domaine propose également un blanc, et deux autres cuvées de rouge, l'olivette (entrée de gamme) et "les glorieuses" produite en très petite quantité. Nous prenons immédiatement la direction de la cave pour deux heures de dégustation. Voici, en vrac, mes impressions.

christophe_peyrus

Nous commençons par le millésime 2006, encore en cuves, avant de descendre au sous-sol pour déguster 2005 en barriques.

Sur 2006 nous avons été très agréablement surpris par la qualité et la suavité du Carignan, qui se goute actuellement très bien. L’ensemble des vins -et le commentaire est valable tant pour 2006 que 2005- est marqué par une finesse et une fraicheur assez rares dans la région. Nous avons là des vins très tendus, très nets, sans les rondeurs faciles de certains prototypes Languedociens. Les raisins sont visiblement récoltés à maturité mais sans excès là non plus, toujours à la recherche de cet équilibre et cette fraicheur qui au moment de cette dégustation font, déjà, notre plaisir. Christophe nous explique que 2006 a été plus marqué par la chaleur que 2004 et 2005 et que la fraicheur dont nous nous régalons aujourd’hui, en cuve, devrait se patiner une fois en barrique. Il lui faudra être prudent pour conserver cette fraicheur. 2006 devrait ressembler un peu à 1998. Vu le bonheur qu’une « cuvée Simon » 98 nous avait donné l’hiver dernier, disons que ça devrait le faire. Pas d’inquiétude.

clos_marie_3Confirmation également de la grandeur et de l’équilibre des millésimes 2004 et 2005. Ca tombe bien nous venions récupérer les primeurs 2004 et payer les 2005 !

Il existe une recherche qualitative particulière : "chaque cuve doit pouvoir être embouteillée seule, c'est ce que je recherche. Ensuite si toutes les cuves sont bonnes il n'y a pas de problème pour faire l'assemblage,  il se fait tout seul. Le but n'est pas de corriger la faiblesse d'une cuve par une autre..."

Tous les vins du domaine sont élevés en barrique, mais une sélection extrêmement sévère des bois permet de ne pas marquer les vins. Ici on élève, on ne boise pas.

Au niveau de récentes dégustations j'ai pu constater il y a quelques semaines l’état de fermeture du 2001, extrêmement serré, ingrat même. Le boss confirme et conseille de l'attendre jusqu’en 2009-2010. Confirmation également du bonheur de déguster aujourd’hui les 99.

En ce qui concerne les rendements Christophe Peyrus est très clair : « certaines années nous sommes à 35hl/ha d’autres 40 ou 45. Si la vigne peut donner 45 pourquoi l’en empêcher ?… » Bref… des rendements de 20 ou 15 hl/ha sont considérés ici plus comme un argument médiatique ou commercial, que comme une façon d’obtenir un grand vin.

peyrus

Le domaine est entièrement en biodynamie mais Christophe Peyrus n’est pas un intégriste. Il reste pragmatique, prend ce qu’il pense bon à prendre et laisse ce qu'il considère superflu. Il est à noter que malgré la démarche bio, les vins sont légèrement sulfités. pour Christophe ses clients ont investi sur lui, sur ses bouteilles et il n’est pas envisageable de voir une bouteille sur deux ou trois prendre la direction de l’évier. Voila le témoignage très succinct d’une dégustation en tous points remarquable, chez celui qui est sans doute un des vignerons les plus importants du Languedoc, doublé d'une très forte personnalité.

Dans quelques jours c’est André Leenhardt, le voisin du château de Cazeneuve qui nous recevra pour une dégustation similaire des 2005 et 2006 en cours d’élevage. Ce sera une bonne occasion de comparer les deux styles.

clos_marie_2

Posté par Bacalao à 06:43 - Vignerons - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

26 novembre 2006

Poire pochée à la réglisse.

J’ai tenté ce week-end une recette de Gontran Cherrier trouvée dans le magasine REGAL numéro 13. J’ai un peu modifié…

reglisse

Marché pour 4 personnes

4 poires

1 citron

1 Orange

10 cl de Porto

1 boite de cachou + 1 bâton de réglisse

150 gr de chocolat noir 70%

Glace au cacao.

Sucre en poudre

La veille

Zester l’orange et blanchir les zestes

Préparer un sirop avec 75cl d’eau

Porter l'eau à ébullition, y faire fondre doucement les cachoux. Y ajouter 350gr de sucre et le porto, le citron, les zestes d’orange et le bâton de réglisse taillé au taille crayon.

Une fois à ébullition y plonger les poires pour 7 minutes.

Verser ensuite le tout dans un saladier (attention à ne pas abimer les poires) et le recouvir de papier cuisson. Laisser la nuit au réfrigérateur.

Le lendemain

Réserver les poires, passer le jus de la marinade et le faire réduire jusqu’à ce qu’il devienne sirupeux.

J'ai préparé une mousse chaude de chocolat au siphon (je donnerai la recette une autre fois sophie :-)

Dans une coupelle verser le sirop réduit je dépose une boule de glace au chocolat, une poire coupée en deux et un peu de mousse chaude.

Gustativement c’est pas mal, un peu trop riche à mon goût. Manuela trouve que ca fait trop "tambouille". Pour ma part il me semble que le chocolat tue un peu le goût intéressant du sirop à la réglisse. Je pense le refaire plus simplement. Sans doute en présentant uniquement les poires, une boule de glace vanille et le sirop réduit. Ca sera sans doute plus rafraichissant. Peut être un crumble aussi ou un biscuit pour amener un peu de croustillant. On verra.



poire_pochee

Posté par Bacalao à 13:00 - Desserts - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

25 novembre 2006

Léon Barral 2001

leon_barralEncore un Languedoc, mais cette fois ci un Faugère, une cuvée générique du domaine Léon Barral. En ouvrant je suis sur l’expectative. Didier Barral pratique la biodynamie sans concession et surtout de sulfite pas. Cela se traduit parfois par des vins qui présentent un côté très animal ou se montrent assez imprévisibles. Là, pour le coup, c’est superbe, grandiose, un vin riche, généreux. La structure en bouche est très impressionnante, mais pas écœurante car soutenue par une très jolie acidité. Jolie matière, beaucoup de volume en bouche et tout ça se prolonge par une persistance assez impressionnante. Nez de fruits très murs typique de la maison. Un vin gorgé de soleil. Et dire qu’il ne s’agit la que d’un entrée de gamme…

Voila un vrai grand Faugère d’un vigneron hors normes. La bouteille a été ouverte vendredi soir, puis conservée au réfrigérateur, sous vide. Samedi midi rien n’avait bougé, et samedi soir (conservée sans précaution, à température ambiante) tout aussi éblouissant… comme quoi.

Posté par Bacalao à 20:59 - Notes de dégustations - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

24 novembre 2006

Pas sifoné que ça le type !

sifon1


Il se dit beaucoup de chose
s sur la cuisine de Ferran Adriá, une cuisine définie par beaucoup comme une cuisine… pas vraiment définie d’ailleurs, si ce n’est comme étant d’une originalité extrême ce qui ne nous éclaire guère. Un des lieux communs qui lui sont régulièrement appliqués est de la définir comme étant une cuisine chimique (sic). Voilà qui ne nous éclaire pas plus et qui que ne veut pas dire grand-chose non plus. Il se dit à la vérité beaucoup de choses inexactes.

Une des innovations les plus marquantes d’Adriá aura été le détournement du traditionnel siphon à chantilly, ce qui n’a strictement rien à voir avec une quelconque cuisine soit disant chimique, bien au contraire. Un sifón pas si traditionnel que cela d’ailleurs, puisque très peu ou quasiment pas utilisé avant 1994, année de sa première espuma. Il s’agissait d’une écume d’asperge blanche, donc salée, servie dans un oursin. Il y a déjà douze ans…


bulli_oursin

Le siphon peut être utilisé pour des mousses, des émulsions, des sauces, qui peuvent être sucrées, mais aussi salées, froides ou chaudes et pour certaines débarrassées de toute matière grasse, crème fraîche ce qui nous amène vers des goûts plus forts, plus purs encore et une structure de mousse beaucoup moins compacte, plus aérienne, plus éphémère aussi.

Subitement les possibilités sont devenues multiples, l’horizon c’est éclairci et étendu. La chose est d’autant plus intéressante pour nous, pauvres petits cuisiniers mortels du dimanche, que ce bidule nous donne accès à des choses qui, avant, étaient difficilement réalisables à la maison.

siphonJ’ai tenté deux ou trois fois d’aborder ce thème sur des newsgroup gastronomiques. L’écho que j’ai pu en avoir en retour a été nul. Douze ans après, cette utilisation du siphon est encore chez nous totalement marginale. Voilà qui me conforte dans l’idée qu’Adria est encore regardé ici et par beaucoup, comme  une sorte de bête curieuse ou un personnage anecdotique ou pire encore, non pas comme un cuisinier mais comme un chimiste. Sans doute faut-il voir là le syndrome de «la supériorité franchouillarde» sûre de son fait et persuadée de détenir la vérité gastronomique par le seul fait d’être né ici. Passons.

Voici un résumé les divers typesde textures qui peuvent en sortir.

  • Mousses chaudes : Produit °+ blanc d’œuf ou Produit °+ féculent
  • Mousses froides: Produit°+ gélatine ou Produit°+ matière grasse ou Produit°+ blanc d’œuf.

La première mousse que j’ai réalisé à la maison a été à la framboise. Pour la réaliser il suffit de framboises, de sucre, d’eau et de gélatine. Le bulli l’a proposé pour la première fois avec une glace au poivre.

Le truc étonnant c’est la légèreté et le goût très puissant de framboise car l'essence du produit n’est pas ici modifié par la crème fraîche, sans oublier la couleur. D’un point de vu gustatif la gélatine est neutre tout comme le sirop, la saveur de framboise est donc puissante et naturelle.

Il y aurait beaucoup à dire la dessus. Ce que je ferai au fur et à mesure de la réalisation et de la présentation ici de certaines recettes.

frambuesa

PS - les photos des plats ont proviennent du site officiel du Bulli.

.

Posté par Bacalao à 21:32 - Divers - Commentaires [21] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

23 novembre 2006

Itinéraire spiritueux.

oberleJ’ai pour manie lorsque j’achète un bouquin de commencer par lire les dernières lignes. Là j’arrive de chez mon libraire de quartier avec l’« Itinéraire spiritueux » de Gérard Oberlé. Comme de coutume je me précipite à la fin. Le hasard faisant souvent bien les choses et quelques jours après la dégustation du clos-rougeard je tombe la dessus : « pour arroser la fin de cette croisière, je choisis une bouteille de clos-rougeard, un saumur-champigny devant lequel certain bordeaux collet monté feraient bien de s’incliner. Je boirai à la santé de son vigneron, Nady Foucault, à celle de tous les vignerons, à la vôtre et aussi à la mienne. Je ne sais rien de plus rassurant qu’une carafe de cristal ventrue dans laquelle un vin adulte est en train de se dégourdir. » Je vous parlerai du reste du livre quand je l’aurai lu !

Posté par Bacalao à 06:24 - Livres - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

22 novembre 2006

Le Bulli de Mike Tommasi (II)

bulli


Je reviens donc sur le compte rendu de Mike concernant son expérience chez El Bulli. Je vais essayer, maladroitement sans doute, de synthétiser mes sentiments à la lecture de son texte même si ça n’est pas évidemment tellement le sujet est vaste.

Pour commencer disons que je peux rejoindre Mike sur certains points.

Un des reproches que l’on peut faire à Adriá, surtout depuis 4-5 ans, c’est effectivement de mettre trop en avant ses découvertes, au détriment, non pas du produit, mais à mon sens d’un plaisir plus purement gastronomique. J’ai l’impression d’avoir affaire à une sorte de bing bang gastronomique, qui n’en demeure pas moins passionnant. Ces apports d’Adriá, cette philosophie, on les retrouve, de manière beaucoup plus « civilisée », digérée, interprétée, chez des chef comme Martin Berasategui à Lasarte ou les frères Roca à Gérone, et même maintenant chez certains en France. Ca n’est évidemment qu’une opinion personnelle. Sans doute ces chefs, si on leur posait la question, déclareraient ne pas être influencés par Adriá mais faire leur propre cuisine, suivre leur propre inspiration. Mais il s’agit là d’un autre débat.

Je ne crois pas qu’Adriá se repose sur ses lauriers Mike. Je penche plutôt pour une radicalisation de sa démarche qui rend parfois sa cuisine moins lisible ou alors trop extrême. Ca n’est pas le restaurant où j’ai le mieux mangé, mais incontestablement c’est le chef qui me surprend le plus, m’étonne le plus. A peine fini un plat je me demande : « mais que va-t-il bien pouvoir nous inventer maintenant ? » Je ne me lasse pas et je suis vraiment avide de suivre son évolution.

Mike avance que « la notion de terroir est étrangement absente chez El Bulli ».

Il est exact qu’après des débuts très marqués par la Méditerrannée le Bulli s’est ensuite orienté vers « autre chose ». Je ne considère cependant pas ceci comme étant quelque chose de forcément négatif. Nous sommes ici dans une démarche «extraordinaire» au sens littéral du terme, un chef hors normes. Ca ne me gêne pas, puisque j’y trouve mon compte et même souvent mon plaisir.

A l’inverse, je rejoins tout à fait Mike sur les desserts. Il y a effectivement au fils des ans un véritable désir de ne plus réellement proposer de sucré, de finalement déstructurer l’intégralité du repas. Je le regrette fortement car bien qu’étant plus gourmand de salé que de sucré c’est souvent, à mon goût, chez ces grands chefs que les desserts touchent au sublime.

Concernant le côté mou des mets qui sont proposés, j’aurai du mal à te contredire Mike. Sauf que moi ça ne m’a jamais perturbé. Nous n’y avons d’ailleurs jamais prêté attention avant de t’avoir lu. J’ai mangé deux fois à Cala Montjoi et une fois à Séville, chaque fois avec des personnes différentes. Jamais nous n’avons éprouvé le besoin de grignoter du pain.

Dans ton CR tu dénonce de nombreuses bizarreries technologiques et l’utilisation abusive du Paco Jet. Là en revanche tu es systématiquement dans l’erreur.

Les bulles ne sont pas faites en gélatine. Concernant la « sphérification » des liquides, nous sommes au cœur de la gastronomie moléculaire dont le pape est Hervé This. Un Français donc, et principal acolyte d’un certain Pierre Gagnaire. Il s’agit de préparer un appareil liquide et de lui adjoindre de l’alginate et ensuite de tremper ce liquide dans un bain à base d’eau et de chlorure de calcium. L’utilisation de ces produits est, elle, très récente (2003 – 2004 ?) C’est comme ça qu’il fait le caviar de melon que  tu as apprécié.

Les mousses en revanche sortent d’un simple et basique siphon à chantilly. Je suis d’ailleurs en train de préparer un post sur ce sujet. Le siphon, tu en conviendra n’est pas une bizarrerie technologique mais un instrument qui était tombé en désuétude et qui a été, à mon sens, génialement détourné, réinventé. La première mousse, salée, doit dater de 1994.

D’ailleurs depuis 1994-95 l’utilisation de la gélatine et les mousses est très présente ça n’est pas nouveau. Aurais-tu aimé sa cuisine en 1996 ou 1997 ? Je n’en suis pas certain.

Pour l’air carotte, il n’y a pas plus de Pacojet que de siphon. Plus simple et plus minimaliste que ça tu meurs. Il s’agit uniquement d’un jus de carotte obtenu à la centrifugeuse puis émulsionné très fortement avec un mixeur. Il n’y a la rien de chimique, rien de technologique. Evidemment ça ne fait pas un repas ! mais j’ai été subjugué par ce truc, maintenant utilisé pour agrémenter des plats plus complexes. Contrairement à toi je goûte particulièrement le fait que des ingrédients basiques soient vraiment mis en valeur par l’imagination du chef. Ca  me ravi et j’en redemande. Les goûts et les couleurs…

Quant au Pacojet il ne faut pas non plus le diaboliser. C’est uniquement un appareil qui permet de turbiner une glace pour la rendre « suave » et malléable au moment du service lorsqu’elle sort congélateur. Le pacojet ne fait rien d’extraordinaire. C’est pas Iter !

La cuisine d’Adria est souvent faite d’un minimalisme assez déroutant qui peut côtoyer des préparations d’une rare complexité. Quant au reproche que lui font certains de faire plus de la chimie que de la cuisine (ce qui ne veut pas dire grand  chose) ils ne se sont probablement jamais sérieusement penché sur le travail d’Adriá.

Tu parles également d’oreille de lapin craquante et avance : « maintenant je suis sur que l’on se moque du client, en lui servant du cartilage. Horrible ».

Peut être s’agit-il là d’un clin d’œil au terroir ! Ou plus certainement un clin d’œil à un élément incontournable des tapas espagnoles : les oreilles de cochon. Eh oui Mike ! le cartilage de cochon fait partie intégrante de la culture gastronomique Ibérique, et ce depuis des lustres (sourire). J’adore ça et je ne suis pas le seul !

Pour terminer ma bafouille (c’est compliqué finalement de te répondre !) je peux comprendre que tu n’ai pas accroché. Pour l’anecdote j’y avais envoyé mes parents… bien avant la médiatisation du truc. A l’époque on pouvait y réserver le matin pour 13H. Ca devait être en 98. Eh bien ils en étaient revenus scandalisés… déjà !!

Personnellement je me dois de te confesser que je reste fasciné tant par le personnage que par ce qu’il nous propose. La première fois, nous nous sommes retrouvé avec lui en cuisine, sans qu’il ne nous connaisse, à discuter tranquillement… il était 4 heures du matin… il était souriant ne se prenait pas la tête et était déjà célèbre. Je ne sais pas si beaucoup de grands chef Français accepteraient de papoter à 4 heures du mat pour t’expliquer comment ils ont détourné un siphon à chantilly !

Adriá parfois provoque -ça doit être sa catalinité ça- mais à mon sens ne triche pas. La totalité de ses recettes sont disponibles et consultables ce qui permet de se rendre compte précisément de son travail, de le comprendre. Je ne pense pas qu’on puisse lui reprocher de tomber dans la facilité bien au contraire. Maintenant que son évolution te convienne ou pas est un autre problème.

C’est pour cette raison qu’il est très intéressant de manger à Sanlucar la Mayor à côté de Séville à l’hacienda Benazuza, car on y goûte à la fois les anciennes recettes et les nouvelles.

Est-il le meilleurs chef du Monde ? Ca c’est de la masturbation de journalistes à laquelle je ne trouve aucun intérêt. C’est le plus médiatisé, c’est  certain, et c’est bien dommage.

Allez Mike ! Si tu le veux bien nous continuerons cette discussion autour d’un verre, avec notre ami le gitan !

PS – Je  ne suis pas cuisinier. Mais j’utilise à la maison certains apports de Ferran Adriá. J’y reviendrai plus longuement dans ce blog en présentant certaines recettes. Ceci étant je n’en fais pas une exclusive et continue de saliver pour un gigot de 7 heures, un poulet aux écrevisses ou une daurade au sel agrémentée d’un simple filet d’huile d’olive.

Posté par Bacalao à 02:22 - Restaurants - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

21 novembre 2006

Bukowski

Le vingt et unième siècle  sera spiritueux ou ne sera pas.

Charles Bukowski.

Posté par Bacalao à 13:14 - Citations - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

19 novembre 2006

L'atelier de Joël Robuchon.

Robuchon4

C’était il y a deux ans environ, peut être moins. Nous avions décidé d’aller faire un tour à l’atelier de Joël Robuchon, sans idée préconçue mais un peu sur la réserve tout de même. Le Michelin de l’avait pas encore étoilé mais peu importe. Il faut dire que notre derrière aventure Parisienne chez un grand chef, au « carré des feuillants », avait été… tristement mémorable. C’est fut d’ailleurs pour moi la première occasion d’écrire au Michelin une page entière de protestations. Eh bien la ce fut une réelle réussite. Et pour un rapport qualité prix très honorable. Côte carte des vins ça reste très raisonnable. Nous avons accompagné l'ensemble d'une roussanne-marsane de chez Alquier (30 euros). Pour la viande et au verre un curieux cabernet chilien aux senteurs de cerise style carignan de notre sud.

Mise en bouche : Gaspacho au basilic et aux épices

Un gaspacho somme toute classique mais plus complexe, plus fin et plus riche qu'un classique gaspacho espagnol. Rien d'un autre monde non plus mais j'aimerai bien savoir le faire comme ça moi le gaspacho...

Tourteau - mousseline d'avocat et amandes fraîches

Le fonds d'une assiette à soupe contient la chair de tourteau (copieusement proposée) recouverte d'une fine mousseline d'avocat très légère sur laquelle reposent des amandes fraîches qui craquent sous la dent lorsqu'elles se mélangent avec la chair du crabe.

Palourdes - cuites au beurre, ail violet et champignons

C'est puissant,  mais à mon sens trop de choses nous privent du goût de la palourde que j'aurais autant aimé plus simplement à la plancha ou même crue...

Volaille - saveurs exotique, aigre doux

La c'est grand de chez grand. La volaille panée est accompagnée d'une fine, très fine tranche d'ananas et une sauce aux épices et condiment que nous n'avons pas été capables d'identifier. C'est très émouvant, complexe, tous les ingrédients s'accordent remarquablement. Les plat est millimétré, juste, parfaitement équilibré. Du vrai bonheur.

Morue - herbes fraîches et légume dans leur jus.

Alors là ! Le bacalao sublimé ! Un énorme pavé de morue à la cuisson parfaite (comme tout ce qui nous a été proposé d'ailleurs). Recouvert d'une raviole de pâte japonisante, le tout accompagné de fin légumes (carottes, céleri, etc etc) finement émincés dans un jus exquis. C'est minimaliste, simple mais extrêmement goûteux. Un plaisir.

Oeuf - girolles 

Dans un verre à cocktail au fond des légumes (épinards ?) verts, au milieu un oeuf mollet fondant et sur le dessus une sauce aux girolles émulsionnée, mousseuse avec des girolles entières. Excellent

Agneau de lait du Lubéron aux herbes et au thym et son jus ... divin le jus.

Deux côtelettes juste rosée à coeur et avec un gras croustillant et fondant sur l'extérieur. La perfection de la cuisson, la richesse des saveurs et des herbes et on finit par les prendre en main pour les rousiguer avec délice.

Framboises, sauce litchis, sorbet de pamplemousse

C'est très frais, extrêmement rafraîchissant, la fraîcheur et l'acidité du pamplemousse s'accorde plus que bien avec le côté doucereux de la sauce litchis, les framboises sont dans leur élément. On ne s'en lasse pas. Ça rafraîchis parfaitement avant d'enchaîner avec le second dessert. Que du bonheur. 

Chocolat sensation

Dans un verre une déclinaison de chocolat, glace de cacao, mousse crémeuse de chocolat, brisures et tout ce que j'oublie. Trop bon mais difficile de lécher le fonds du verre.

Robuchon

Posté par Bacalao à 08:37 - Restaurants - Commentaires [21] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

18 novembre 2006

Clos Rougeard 2002

Ce samedi soir nous quittons notre région pour remonter vers le Saumurois avec un Clos Rougeard 2002 de Charly et Nady Foucault. J’ai fais l’acquisition ce flacon chez Jean-Philippe Heaumé, un caviste hors du commun, vraiment… D’ailleurs il n’a même pas de boutique, pour vous dire ! J’y reviendrai. Il s’agit donc d’un 2002, un 100% cabernet franc. Sur l’étiquette ça fait 12,5°.

Robe rubis, assez claire. Premier nez très désagréable. Animal, entrailles de volailles (ca me rappelle ma grand-mère qui vidait ses poules… beurk…). Je me demande si c’est normal. Ca s’en va un peu avec une première aération, mais bon… c’est pas top, pas net. Hop ! je carafe.

40 minutes plus tard le nez a définitivement basculé sur des aromes de fruit rouge. C’est maintenant net et sans bavure. Ouf !! Manuela, adore, se régale du fruit. Ca finit mieux que ça a commencé. Ca n’est pas d’une ambition démesuré mais ça s’accommode parfaitement des Lasagnes de chez Picard (très bonnes les Lasagnes de Picard !).

En bouche acidité très marquée, vin très fin. La bouche est vivifiante, nerveuse. Un joli vin qui se boit sans soif.


clos_rougeard

Posté par Bacalao à 20:01 - Notes de dégustations - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



« Accueil  1  2  3   Page suivante »